Le premier rappeur jamais écouté dans L'ESPACE - LRS S3E14

Et sinon, vous feriez confiance à Gotaga pour faire atterrir votre avion ?

Les Recos du Samedi
4 min ⋅ 18/04/2026

Salut à tous·tes, nous sommes le samedi 18 avril 2026 et si vous étiez blindé·e aux as il y a sept siècles, vous pouviez vous offrir la ville de Montpellier. On souhaite par ailleurs un joyeux anniversaire aux journaux L’Humanité et Libération !

À lire 📚 : la dernière trouvaille de l’administration Trump pour recruter pour un job à haut risque.

À écouter 🎧 : le premier rappeur jamais écouté dans l’espace, rien que ça.

À voir 👀 : une série produite par la référence des super-héros — mais sans super-héros ?

Bonne lecture, et merci de lire les Recos du Samedi !

CONTRÔLEURS DE JEU. Vous vous souvenez de cette étude, partagée dans Le Monde, selon laquelle 46% des hommes s’estimaient pleinement capables de faire atterrir un avion ? C’est dû à l’effet Dunning-Kruger : grosso modo, plus les personnes sont incompétentes, plus elles surestiment leurs capacités. Aux States, l’autorité de régulation de l’aviation civile, la FAA (pas ça), fait encore mieux. Pour pallier le sous-effectif de contrôleur·euse·s aérien·ne·s, qui dure depuis un sacré moment, elle a lancé une campagne de recrutement. Mais où trouver des gens qui adoreraient être payé·e·s à passer leur journées devant un écran à suivre des vols ? Chez les gameuses et les gamers, pardi ! C’est ce que raconte The Verge dans un article édifiant — c’est ma reco à lire 📚 cette semaine.

GROUND CONTROL IT’S GOTAGA. L’idée part d’un constat : aux States, le corps de métier des contrôleur·euse·s du ciel a du plomb dans l’aile. En dix ans, rapporte The Verge, les effectifs ont chuté de 6% — c’est évidemment inquiétant. Sauf que, pour gérer ça, on se retrouve avec… l’administration Trump, dont la communication évoque plus un beauf en goguette que la première puissance du globe. Ce qui donne une campagne vidéo mêlant jingle de la console Xbox et images des compétitions d’esport sur Madden NFL, Fortnite ou encore League of Legends — pour des gens qui, on le rappelle, auront demain entre leurs mains la vie de centaines de milliers de personnes. Ah, et le tout est saupoudré par le remix de Heads Will Roll par Yeah Yeah Yeahs, morceau emblématique du film Project X.

FEMMES & MINORITÉS EN STAND BY. Je vous passe la stupidité de cette publicité — qui réussit à enchaîner images de jeux vidéos avec les cartons-titre : “Ce n’est pas un jeu vidéo. C’est une carrière.” et “Vous protégerez des millions de personnes chaque jour (et vous vous ferez un paquet de fric).” Pour la défense de Trump, l’administration Biden avait lancé une campagne de recrutement similaire en 2021… Sauf qu’elle ciblait aussi les femmes et les personnes issues de minorités ethniques. Un oubli ? Du reste, ce genre de publicité a l’air de fonctionner : l’année dernière, la campagne “Level Up” a attiré près de 10 000 candidats, selon The Verge. Seuls 600 ont été retenus. Pour des habitué·e·s de Battle Royale, c’est cocasse.

SPACE JAM. Tout a été dit dans le sommaire. Cette semaine, on parle du premier rappeur jamais écouté… dans l’espace, par des astronautes. Je précise, parce que le premier titre rap jamais diffusé dans l’espace, c’était The Rain (Supa Dupa Fly) de Missy Elliot en 2024 — et c’est peut-être comme ça que les aliens apprendront notre existence. Mais revenons à nos moutons. Le 7 avril dernier, la NASA donne des nouvelles des astronautes de la mission Artémis, qui s’apprêtent à entamer leur retour vers la Terre “en écoutant Tokyo Drifting, de Denzel Curry et Glass Animals au réveil”. Boom. Après le coup du pot de Nutella, c’est vraiment du marketing de compet, dis donc.

#MONDAYMOTIVATION. Autant dire que Denzel Curry, si vous connaissez un peu le bonhomme, a saisi la balle au bond.Même Les Aliens Écoutent Mon Son ! Premier Rappeur Jamais Joué Dans l’Espace !” (traduction approximative de “Even Aliens Fuck with my Shit! First Rapper Played in SPACE NIGGA!”). Il y a effectivement de quoi flex — même s’il a en réalité été précédé par un autre rappeur, Andre3000, dont les astronautes d’Artémis ont écouté un titre… à l’aller. Reste que Tokyo Drifting est, mine de rien, un bon titre. Denzel Curry offre une prestation à la Denzel Curry — ciselée, même si un peu trop courte à mon goût. La mélodie à la trompette, à côté, fait un sooooolide boulot — et si ça motive des ASTRONAUTES à se lever le matin, ça vous aidera forcément à affronter le lundi matin qui vient.

Bonne écoute sur Apple Music / Deezer / YouTube / Spotify !

USURPACTEUR. En décembre 2012, les États-Unis découvrent Le Mandarin, sombre terroriste qui revendique, vidéo à l’appui, un attentat au Koweït, et promet de “donner une leçon à l’Amérique”. Moins d’un mois plus tard, le récit s’effondre. Le Mandarin est en réalité Trevor Slattery, un acteur reconnu payé pour jouer les terroristes. Forcément, ça n’a pas aidé son retour à la vie civile. Quand, dix ans plus tard, Slattery refait surface aux States, il se fait coffrer direct. Et se voit proposer un deal : infiltrer la vie de Simon Williams, acteur en dilettante doté de super-pouvoirs, pour le faire tomber — ou finir en taule. Voilà le pitch de Wonder Man, un OVNI parmi les productions Marvel — c’est ma reco à voir 👀 cette semaine.

JEUX DE HASARD. Au coeur de la série se trouve une amitié qui se construit à vue d’oeil. Rapprochés “fortuitement” par l’audition pour le remake d’un classique des films de super-héros, Williams et Slattery forment un duo qu’on n’attendait pas — et qui séduit. À l’un la fougue et l’envie presque désespérée de percer dans le rôle d’une vie. À l’autre, le costume du vieux maître britannique sur le retour, tout en finesse et en répliques ciselées. Reste que les deux hommes ont un secret. L’un, ses pouvoirs. L’autre, une trahison en devenir. Ajoutez à ça des galères presque comiques et une sincérité désarmante, et vous obtenez Wonder Man.

PAR(T)I PRIS. Faire une série Marvel sans caler un seul super-héros à l’écran ? C’est le pari de la série — et c’est exactement ce qui m’a accroché. Oubliez Iron Man, la Veuve Noire ou Thor : les huit épisodes dépeignent la vie presque banale d’un homme qui (super-pouvoirs mis à part) est comme vous et moi, et d’une ancienne gloire du cinéma tombée en disgrâce. Les galères, l’indécision, l’aspiration à une vie meilleure — autant de sujets que Marvel n’aborde jamais ou presque, dans ses superproductions, parce que ce n’est pas leur but… Mais qu’elle réussit ici à insuffler, pour dépeindre une version alternative du “super-héros”. Avec, en prime, les très bons Yahya Abdul-Mateen II et Ben Kingsley, à la dynamique impeccable.

Les Recos du Samedi

Par Quentin-Mathéo Pihour

À propos de l’auteur des Recos du Samedi

Je m’appelle Quentin-Mathéo, je suis journaliste au Canard Enchaîné, en parallèle de ma formation à l’ESJ Lille et à Sciences Po Lille. LRS, c’est un peu mon bébé. Depuis des années, j’aime partager mes découvertes : des albums, mais aussi des articles de presse qui me font réfléchir, des newsletter, des docus, des séries… Après un lonnnnng brainstorming (10 minutes), vous avez le résultat sous les yeux ! Bonne lecture :)

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