Promis, ce n'est pas un numéro spécial acronymes.
Salut à tous·tes, merci de lire les Recos du Samedi !
Au menu de cet épisode : les liens inattendus entre bars-tabacs et le vote à l’extrême-droite révélés par une étude, une série comique bien punchy sur un vingtenaire atteint par une MST qui doit retracer ses ex et le nouveau single du rappeur NeS, de quoi vous motiver à aller bosser sous la pluie.
Bonjour à tous·tes, nous sommes le samedi 7 février et à Turenne (Italie), l’ancêtre des défilés GIGA subversifs de la Fashion Week est né. À cinq siècles près.
ANALYSE DE COMPTOIR. L’étude que je m’apprête à vous dévoiler, reprise dans plusieurs médias cette semaine, est aussi niche qu’insolite. Accrochez-vous bien : selon une publication inédite du Centre pour la recherche économique et ses applications (CEPREMAP), parue le 30 janvier, il existe un lien… entre les bars-tabac et le vote pour le Rassemblement national. Je vous vois venir : oui, en entrant dans bon nombre de PMU, on est accueilli·e par Pascal Praud qui braille sur CNEWS à la télé. Forcément, qu’on y passe une heure ou la journée (j’ai testé les deux, les deux valent le détour) ça laisse des traces et on s’imprègne. Ben laissez-moi vous dire écrire une chose : aussi contre-intuitif que ça puisse paraître, c’est l’inverse. Tout est expliqué dans “Comment la fermeture des bars-tabacs favorise le vote pour le Rassemblement national”, un papier de Lauriane Clément pour La Croix - ma reco à lire 📚 cette semaine.
GOD SAVE THE CHOPINE. Vous ne lirez pas souvent ces mots ici, mais pour une fois : merci les Anglais·es. Oui, parce que si nos Français·es du CEPREMAP sont parti·e·s étudier le lien entre PMU (je vulgarise) et vote à l’extrême-droite, c’est bien grâce aux Rosbifs, hein. Plus précisément, grâce à la chercheuse Diane Bolet (de cidre, j’étais obligé) et son étude “Boire seul : dégradation socioculturelle locale et soutien à l'extrême droite — Le cas de la fermeture des pubs britanniques”, parue en 2021. Les chercheur·euse·s français·e·s, mené·e·s par l’économiste Claudia Senik, ont repris l’idée. Et se sont basé·e·s sur l’une des bases de données les plus stratégiques de l’Hexagone - et pourtant épargnée par les piratages de ces derniers mois - j’ai nommée : la liste de tous les PMUs de France et de Navarre. 30 000 points de vente, dans 17 000 communes sur tout le territoire, précise Libération.
CONTRE-INTUITISE. À partir de là, les auteur·ice·s de l’étude ont fait le lien entre les fermetures de bars-tabacs et l’évolution du vote pour l’extrême-droite, suivant les scores du RN aux différentes élections ces vingt dernières années. Mais pourquoi diable ce résultat contre-intuitif, quand on pense intuitivement que les PMUs sont remplis d’électeur·ice·s du RN ? Tout est dans l’article de La Croix, et autant vous le dire de suite : non, rouvrir les quelque 18 000 bars-tabacs fermés entre 2002 et 2022 n’inversera pas la tendance à la montée de l’extrême-droite dans les urnes. Si vous aviez encore un doute, les “néo-PMU” parisiens des diplômé·e·s d’école de commerce ne sont donc TOUJOURS PAS la solution. Les “vrais” bars-tabacs, en revanche, restent un élément du patrimoine pour le Breton que je suis - et un très bon moyen de dénicher des sujets d’articles. Bonne lecture !
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