LRS #S3E1 : petits zizis, narcos et concerts trop chers

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Les Recos du Samedi
5 min ⋅ 10/01/2026

Salut à tous·tes, merci de lire les Recos du Samedi, et BONNE ANNÉE !

Au menu de ce 1er épisode de la Saison 3 (eh oui, déjà !) : le mystère des petits zizis des statues grecques élucidé (c’est très sérieux), pourquoi les fans de concert détestent détestent TicketMaster et Live Nation, et un bon morceau bien rock pour bieeen démarrer la journée.

Bonjour à tous·tes, nous sommes le samedi 10 janvier, et si vous étiez dans les parages en 1929, l’équivalent d’Avatar venait de débouler au cinéma.

STATUE QUO. Non mais je sais ce que vous allez vous dire : vous avez lu le sommaire, et vous pensez “ah, tiens, il va encore nous lâcher une reco tirée par les cheveux”. Pas. Du. Tout. Il y a quelques jours, j’ai reçu le dernier épisode de la newsletter Zézette, “le 1er média 100% dédié à la sexualité” (allez y faire un tour, vous apprendrez des trucs !). Et hasard de dingue, le titre m’a instantanément parlé : “Pourquoi les statues de la Grèce Antique ont de si petits zizis ?”. Certes, c’est dit sur un ton plutôt rigolo. Mais pour qui a déjà vu une statue du genre, au hasard après s’être paumé au Louvre, ça peut être une vraie question, okay ? Bon, en l’occurrence, la question a déjà trouvé réponse dans pas mal d’articles et vidéos. Mais l’approche de Zézette, ne se limite pas à cette question bon enfant, donc “Pourquoi les statues de la Grèce Antique ont de si petits zizis ?” est ma reco à lire 📚 cette semaine, vous me remercierez plus tard.

Pitié, faites que cette photo n’envoie pas l’épisode dans vos spams. - © 2015 Musée du Louvre, Dist. GrandPalaisRmn / Hervé Lewandowski

DES VERTUOSES. Pour résoudre ce mystère, Zézette a fait appel au professeur et sculpteur João Sismeiro, qui doit donc en connaître un rayon, niveau statues. L’une des premières questions qui lui est posée n’est pas si bête : est-ce qu’on a représenté des hommes avec un petit sexe… parce qu’ils avaient, à l’époque, une morphologie différente ? La réponse est non, et il y aurait même, selon Sismeiro, des études pour prouver que la taille des sexes masculins des Grecs de l’Antiquité ne différait pas tant de celle des leurs équivalents contemporains (ceci dit, j’ai cherché pendant deux heures et j’ai rien trouvé). Non, la raison pour laquelle les statues de l’époque montrent les hommes avec des petits sexes relève plutôt de l’interprétation du pénis comme symbole… de vertu. Eh oui : à 2000 lieues des relents masculinistes et virilistes qui parfument aujourd’hui Internet comme la “vraie” vie, à l’époque, les pénis de petite taille, c’était hype.

PÉNIS OUI OUI. Bon, plus exactement, parce que c’était le signe que “la virilité n’était pas associée aux prouesses sexuelles mais à la capacité de l’homme à maîtriser ses pulsions, son animalité”, explique João Sismeiro. Ce qui n’a pas empêché les Grecs, à l’époque, de - volontairement - foirer les proportions d’autres parties du corps humain pour les rendre héroïque… Au passage, vous apprendrez que d’autres civilisations ont, elles, fait totalement l’inverse en matière de proportions (n’ouvrez surtout pas cet article au bureau si vous voulez vous cultiver), tandis que d’autres ont carrément censuré façon Instagram les sexes (énorme débat sur la feuille de figuier et la feuille de vigne) et SURTOUT qu’il a fallu attendre looongtemps (1877) pour qu’un célèbre sculpteur représente un phallus qui tienne la route en termes de proportions. Bonne lecture !

SHAZAMANIA. Confession (pas) intime : je suis un (très) gros Shazameur. C’est plus fort que moi : en voiture, dans les transports en commun, au supermarché, etc. , je ne peux tout simplement pas m’empêcher de shazamer des musiques pour les réécouter plus tard, de peur de ne jamais les entendre. Ce qui a mené à des Shazams acrobatiques, le plus risqué étant celui réalisé bras tendu, en équilibre, sur un escabeau dans un H&M. Mais vous savez ce qui est encore plus débile ? Ne pas avoir pensé jusqu’ici à vous partager mes découvertes. C’est désormais chose faite, avec Los Narcos, de Master Peace - c’est ma reco à écouter 🎧cette semaine. (Dans le détail, ce son a été shazamé la semaine dernière dans un bar de Lille, à une heure de grande écoute, comme disent les OG.)

PULL UP. Ok, parlons musique. Déjà, il vous faut un cadre. Pour un morceau pareil, bien rock, bien salé, bien extinction de voix, je donnerais le trajet domicile-travail, à 7 h ou moins. Rien qu’à entendre l’accent bieeeeen londonien de Master Peace - de son vrai nom Peace Okezie - dans les premières secondes (“Which one of these inputs is the fucking mic ?”) vous savez que vous allez passer un bon moment. Un coup de caisse claire et un kick plus tard, vous voilà parti·e·s en chemin, accompagné·e·s par la voix - qui tire déjà un peu - de l’artiste de Morden et d’une FAN-TAS-TIQUE ligne de basse. Le refrain ? “Los Narcos”. Des onomatopées. Des “I’m sexy” expirés. Simple, efficace, saturé. Arrive un peu plus tard l’aspect “expérimental” du style de Master Peace : avant le troisième couplet, vous avez droit à un interlude guitare acoustique et PAF ! deux secondes plus tard, à un effet “pull up” fleurant bon le DJing (le turn tabling) et ça, on A-DORE.

Master Peace - Crédit : Jenn Five, DIY Magazine.

ÇA VA TRIPER. Maintenant, parlons clip. Il en existe deux : l’un, officiel, et une version alternative. Je n’aurais pas grand-chose à dire sur la version officielle, si ce n’est qu’elle rentre dans mon classement des clips dont le perso principal se fait le plus tabasser (gratuitement, même), ça s’arrête à peu près là. La version ALTERNATIVE, en revanche… Ben vu l’énergie déployée par Master Peace à l’écran pour entonner son morceau, je peux vous dire que tout ce que j’ai dit dans le paragraphe précédent s’est avéré exact. Los Narcos, c’est un titre qu’il faut prendre aux tripes, qui a sérieusement de quoi vous motiver - alors qu’on écoute un type parler de drogues tout du long - et dont vous pouvez aléatoirement hurler des phrases dans votre quartier, comme le fait son interprète. Ou bien headbanger (balancer votre tête dans tous les sens) sur les percussions, au choix.

Bonne écoute sur Apple Music / Deezer / YouTube / Spotify !

ÇA PART EN LIVE NATION. Vous ne l’avez peut-être pas vu passer cette semaine, entre tractations diplomatiques franco-russes, tempêtes de neige et les dernières conneries de Donald Trump : la Défense Arena, la plus grande salle de concert couverte de France et d’Europe, a été rachetée par le géant américain des concerts Live Nation Entertainment. Un nom qui vous dit sûrement quelque chose si vous êtes un·e aficionado des concerts, et qui fait parler de lui à chaque polémique sur le prix des tickets (aux dernières nouvelles, ils estimaient que les places de concert n’étaient “pas assez chères, dixit Rolling Stone). Parce que oui, ça ne vous aura sans doute pas échappé : aller voir des artistes en concert, de nos jours, ça coûte une blinde. Mais pourquoi, et comment en est-on arrivé là ? La reco à voir 👀 de la semaine, “Pourquoi aller en concert est plus compliqué que jamais”, de Business Insider (en anglais, sous-titres disponibles) devrait vous éclairer.

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Les Recos du Samedi

Par Quentin-Mathéo Pihour

À propos de l’auteur des Recos du Samedi

Je m’appelle Quentin-Mathéo, je suis journaliste au Canard Enchaîné, en parallèle de ma formation à l’ESJ Lille et à Sciences Po Lille. LRS, c’est un peu mon bébé. Depuis des années, j’aime partager mes découvertes : des albums, mais aussi des articles de presse qui me font réfléchir, des newsletter, des docus, des séries… Après un lonnnnng brainstorming (10 minutes), vous avez le résultat sous les yeux ! Bonne lecture :)