À quand le tournoi de Mah-jong au Stade de France ? Je suis sérieux.
Salut à tous·tes, merci de lire les Recos du Samedi ! Au menu de cet épisode :
À lire 📚 : comment un promoteur fait vivre la mémoire de Chirac avec un méga tournoi de sumos à Paris.
À écouter 🎧 : un classique LÉ-GEN-DAIRE entre deux monstres de la chanson aux States.
À voir 👀 : une série coréenne aussi comique que loufoque sur un couple en pleine apocalypse zombie.
Bonjour à tous·tes, nous sommes le samedi 7 mars et c’est le moment de vous demander si quelqu’un n’essaie pas de torpiller votre carrière. Je dis ça…
PÉCHÉ CHIGNON. Dans la liste des trucs improbables de la Ve République, je veux… les plaisirs coupables de Jacques Chirac. À savoir : les bières Corona et les cassettes VHS de combats de sumos. Anecdotique ? Pas tellement. À l’automne 1995, alors qu’il vient d’être élu, “Chichi” s’offre — sans chichis — un tournoi de sumo (dont il est giga fan) au palais omnisports de Bercy. C’est exceptionnel en Europe : les colosses à chignon s’aventurent rarement hors du Japon. Surtout, ça marque David Rotschild, jeune tourneur présent dans le public, pour toujours. À telle enseigne que, trente ans plus tard, il veut remettre le couvert, les 13 et 14 juin, à Paris. Ce qui soulève une question inédite : comment organise-t-on de A à Z un tournoi de sumo en France ? Le journaliste de la Revue 21 Guillaume Gendron a un début de réponse, avec “Faire combattre 62 sumos à Paris : mode d’emploi” — c’est ma reco à lire 📚 cette semaine.
DE HAUTE LUTTE. Il faut bien l’avouer : tout est colossal dans le projet. D’abord, son coût, budgété à 4 millions d’euros. Ensuite la salle : l’Accor Arena (Bercy, pour les ancien·ne·s dans la salle), convertie en sanctuaire shintoïste de 30 000 places pour l’occase. Enfin, la délégation japonaise : près de 200 PERSONNES, dont soixante-deux “rikishis” — la crème de la crème des combattants. Si le projet est immense, c’est aussi parce qu’il a demandé “une décennie de tractations” entre le tourneur David Rotschild et la Nihon Sumō Kyōkai, “l’association japonaise de sumo au fonctionnement notoirement opaque et vertical même au regard des rigides standards nippons”, écrit Guillaume Gendron. Ajoutez à cela la dimension ÉNORME de soft power pour un tel événement, et vous comprendrez pourquoi tout est négocié au détail près.
FIEF À CULS. C’est d’ailleurs ce qui fait la force de ce papier — au-delà de son intro chiraquienne : les détails. Le récit du journaliste est parsemé d’anecdotes croustillantes. Elles donnent aussi bien à voir un aperçu de la culture nippone, que le milieu des tourneur·euse·s et de l’événementiel, tractations en coulisses et tutti quanti. On comprend aussi la nécessité pour cette fédé de sumos nippone de redorer son blason à l’international, vu les scandales qu’elle se traîne. Tout comme on lit, amusé, la passion des “gros bébés”, comme les appelle David Rotschild, pour le moindre détail du style de vie français. Bref, un bon article de la Revue XXI comme on les aime (abonnez-vous, ça vaut le détour !). Bonne lecture ! 👇
PS : le tournoi de 1995 était retransmis en direct par France Télévisions — on en trouve un extrait ici.
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